Article écrit par Mathilde Lerède.

graphisme

À l’heure où fleurissent nombre de théories sur la loi de l’attraction, de l’abondance ou de la pensée positive pour atteindre des chiffres d’affaire toujours plus astronomiques, l’entrepreneuriat vend du rêve.
Le rêve de gagner de l’argent sans trop travailler, en voyageant tous les mois aux quatre coins du monde et en sirotant des cocktails vegans dans un hamac. Pour d’autres, ce sera conduire une belle voiture, s’entourer de personnes connues et reconnues, accumuler les followers sur Instagram… et j’en passe. Les entrepreneurs « spirituels » n’échappent pas à cette ruée vers l’or. C’est vrai, disons-le, elle fait rêver. Elle devient même une sorte de norme à atteindre pour valider le fait que nous avons réussi. Mais l’abondance a-t-elle toujours ce visage ? Et si nous cheminions ensemble vers la voie du dépouillement et de l’abondance intérieure ?

points de couleur ocre

De l’abondance idéalisée à l’abondance vécue

Pour moi, il existe plusieurs sortes d’abondances. Il y a l’abondance matérielle, l’abondance d’amour, de sentiments, l’abondance d’idées, de créativité, l’abondance spirituelle … L’abondance de haine aussi. Finalement chaque quête peut être abondance. Nous avons été élevés dans une société capitaliste, c’est-à-dire dans une société du manque où l’on nous a fait croire qu’avoir, toujours plus de surcroît, garantissait notre sécurité et notre épanouissement. Ainsi, nous sommes devenus dépendants. Nous sommes dépendants de nos biens et de nos relations pour se sentir heureux et équilibrés. Leurs manques créent un vide souvent insupportable qui se comblent pas d’autres objets de convoitise et de consommation, qui peu à peu, nous éloignent de nous-même et de notre capacité à être heureux de vivre, tout simplement.

Respirer, sentir son corps vivant, regarder une fleur, sentir l’air sur sa peau… sont autant d’expériences quotidiennes qui, vécues en pleine conscience, peuvent remplir notre réservoir intérieur de bonheur, de paix et de contentement.

Il arrive parfois que nous idéalisions un rêve : «  si j’avais ceci, je serai plus heureux.se » , « quand j’aurai cela, je serai en paix ». Et quand vient l’expérience, le bonheur ou la paix escomptés ne sont pas au rendez-vous.

Il y a une citation bouddhiste que j’aime beaucoup :

«  l’égo dit : quand tout sera en place, je trouverai la paix. L’âme dit : trouve la paix et tout se mettra en place. »

arbre au feuillage jaune sur un étang
J’aime beaucoup cette idée que l’espace de paix, de sécurité intérieure et de plénitude vienne d’abord de l’intérieur pour prendre les bonnes décisions et accepter l’expérience et les conséquences que l’on s’apprête à vivre.

Je rajouterai à cette maxime que ce sont aussi nos actions qui construisent nos rêves et que « tout se mettra » en place quand nous ferons les premiers pas. « Fais un pas, le ciel t’aidera ».

Une autre histoire m’a aussi beaucoup marquée pour relativiser nos espoirs projetés : l’histoire du vieux paysan, de son fils et de leur cheval. Pauline y fait référence dans cet article de blog, je vous invite à aller le lire en cliquant ici.

Cette histoire est remplie de sagesse ! Nous projetons sur des événements extérieurs, l’abondance que nous recherchons : la richesse, la paix, le bonheur… Mais n’est-elle pas finalement dans l’attitude de ce vieux paysan ? Dans cette relation d’acceptation totale de ce qui est, dans l’instant présent, sans projections, ni attentes ?

Prenons un instant, ici et maintenant, pour fermer nos yeux et nous glisser dans nos sensations et posons-nous cette question : comment je me sens quand je projette mon bonheur dans la possession ou le futur ? Puis posons-nous cette deuxième question : comment je me sens quand je me mets à la place de ce paysan qui accueille chaque expérience de vie comme un enseignement ?

Prenez vraiment ce temps pour ressentir et observer tout ce qui émerge. Est-il possible pour vous d’imaginer être dans cette deuxième posture ? Votre vie est-elle suffisamment remplie de sens aujourd’hui et maintenant pour ressentir cette possibilité de se gorger de l’instant présent ?

Car oui, pour moi, il y a un prérequis à cette capacité. Celle de se reconnecter à son pouvoir personnel et créateur. Comment pourrions-nous être en paix avec le monde tel qu’il est si nous ne sommes pas en paix avec nous-mêmes et nos choix ?

Être ancrés dans la réalité et apprécier l’instant présent nécessite, pour moi, d’avoir fait un chemin vers son âme. Si nous nous soumettons à un cadre de vie ou une autorité qui va à l’encontre de nos profondeurs, nous déracine de notre fondation unique et personnelle, nous ne serons pas en phase avec la vie pour se laisser traverser par elle.

Alors parfois, pour vivre cette abondance intérieure, il est nécessaire de passer par une phase de dépouillement des masques qui recouvrent l’être …

Se dépouiller pour trouver sa richesse

Quelle est-elle cette richesse qui nous remplie de l’intérieur et nous laisse en paix dans l’expérience du monde ? Elle est simplicité : une respiration. J’inspire et je contemple mon être. J’expire et je relâche les tensions. J’inspire et j’accueille mes émotions, mes pensées, mes sensations. J’expire et je les laisse partir si besoin. Ces pratiques que j’ai reçu au village des pruniers par les moines et moniales disciples de Thich Nhat Hanh, m’a profondément touchée. Revenir au souffle, à la simplicité de cet acte quotidien et mécanique. En faire un support de conscience et de nettoyage de tout le superflu.

Il y a dans les pratiques de méditation un trésor que la plupart des êtres humains d’aujourd’hui ignorent. Une façon de se relier à soi-même, de mieux s’écouter, se comprendre et se connaître. Une façon de rencontrer le monde de façon plus subtile, dans l’expérience sensorielle directe et non par le biais du mental.

J’entends par mental les quelques 80 000 pensées quotidiennes qui nous traversent consciemment ou non et qui cartographient le monde selon des schémas et des jugements préétablis : j’aime, je n’aime pas, je suis comme ça, c’est bien, c’est mal … Nous classons le monde de façon automatique selon des critères souvent hérités de nos parents, de notre société ou des groupes que nous fréquentons.

La méditation nous invite à calmer ce mental pour laisser la place au silence d’abord et peut-être, laisser la place à d’autres perceptions ou façons de voir le monde. Peut-on faire un léger pas de côté pour observer, sans juger, le monde qui nous entoure et pourquoi pas, expérimenter régulièrement d’autres façons de faire ou d’être ?

Se dépouiller de l’acquis, de ce que nous pensons être la vérité ou notre vérité. Pouvons-nous laisser nos armures, nos certitudes, nos habitudes, nos peurs, nos prisons intérieures pour voguer sur les grands espaces de l’infini des possibles ?

Sortir de sa zone de confort est aussi un thème très à la mode. Encore faut-il se demander pourquoi le fait-on. Pour faire bien ? Pour se prouver des choses ? Pour montrer sa valeur et recevoir de la reconnaissance ? Je dirai qu’il me paraît essentiel de se questionner avant cette exploration de conscience : Suis-je heureux.se dans ma vie ? Est-ce que je me sens relié.e avec mon entourage de façon harmonieuse et authentique ? Est-ce que j’ai respecté mes rêves, mes aspirations profondes ? Suis-je fière de moi ? Est-ce que je prends soin du vivant en moi et tout autour de moi dans les gestes de mon quotidien ?

Ces questions peuvent bousculer… Si vous y répondez non, je dirai qu’il peut être intéressant de commencer un chemin de reconnexion avec votre âme, votre Moi profond. Plusieurs voie sont possibles. La marche (vous pouvez lire l’article de Pauline sur la marche en cliquant ici), un accompagnement thérapeutique, l’écriture, l’art, le coaching… (Découvrir mes coachings )

Il n’y a aucun traité qui a déclaré que nous devions vivre malheureux et déprimés. Il n’y a aucune obligation à continuer de fonctionner d’une certaine façon ou dans un système qui ne nous rendent pas heureux.se. Il y a uniquement vous et votre pouvoir de création. Choisir de se dépouiller des habits que nous avons mal choisis, c’est avancer vers l’abondance d’une vie à notre image. Pas celle des magazines, des réseaux sociaux ou des modes de réussite, celle de notre cœur et de notre ventre. Ce sont bien dans nos petites cellules que vibrent les pulsations du vivant. Se lever chaque matin dans la joie de réaliser sa vie et de concrétiser ses rêves personnels demande parfois du courage mais : « fais un pas, le ciel t’aidera ».

J’aimerais ajouter ici que cheminer vers l’abondance intérieure n’est en rien antagoniste avec le fait de cheminer dans l’abondance matérielle. Nous pouvons tout à fait générer de l’argent tout en ayant un très beau et profond chemin spirituel. Les questions essentielles sont, pour moi : comment je consomme ? D’où vient mon argent ? Dans quoi je l’investis? Mon utilisation de l’argent est-il en cohérence avec mes valeurs ?

cercles concentriques dessinés dans des graviers

L’entrepreneuriat : une voie vers l’abondance personnelle et spirituelle

 Le monde du travail d’aujourd’hui est pour beaucoup, un frein à l’épanouissement. Qui parmi vous frétille à l’idée d’aller travailler ? Qui se sent pleinement à sa place dans le respect de son corps, de ses besoins, de ses désirs, de ses valeurs ? Qui travaille dans la bienveillance? Et enfin, qui croit que cela est possible ?

Nous nous sommes tellement habitués à la croyance populaire qu’ «  il faut travailler dur pour gagner sa vie » que beaucoup de personnes pensent incontournable de travailler en se faisant violence. De part mon expérience et celles des personnes que j’accompagne, je peux vous assurer que ce n’est qu’une croyance !

Je ne vais pas vous le cacher, beaucoup de personnes que j’accompagne sont entrepreneurs ou se tournent vers l’entrepreneuriat. Je ne veux pas en faire une panacée ; un autre rêve fantasmé. Tout le monde n’est peut-être pas fait.e pour ce chemin. Néanmoins, je pense que créer son entreprise peut être une magnifique expérience d’empuissancement personnel, de réalisation et un chemin spirituel.

Entreprendre, c’est se donner la possibilité de créer ses propres règles et d’innover. Tout est possible ! Vous pouvez complètement créer votre façon de travailler, de communiquer, de démarcher, de vendre, de produire… Certes cette liberté peut faire peur. Nous n’avons tellement pas été habitués à prendre des décisions à partir de nous-mêmes !

Mais c’est justement dans ce champs des possibles que notre unicité peut se déployer. La vie nous a créé uniques et, je pense, profondément faits pour la joie, l’amour, l’altruisme, le plaisir de vivre.

Nos entreprises peuvent devenir l’extension de nous-mêmes. Le prolongement de nos besoins, de nos envies et de nos aspirations. Le modèle social dans lequel nous nous épanouissons et où nous avons toute la latitude nécessaire pour faire les bons choix pour nous.

Alors, pour faire de cet idéal une réalité, il faut emprunter le chemin de la connaissance de soi. Cette plongée dans nos ressentis, nos profondeurs, nos prisons intérieures, nos illusions, nos sabotages, mais aussi notre génie, notre créativité innée (car oui, pour moi, nous sommes tous créatifs), notre zone de « kiffe ». Ce chemin est pour moi, pleinement, celui de la spiritualité. Connais toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux.

La spiritualité ce ne sont pas des dogmes pour nous asservir mais un élan d’amour qui commence par nous-mêmes et se déploie dans nos actions, pour le monde, y compris dans l’entrepreneuriat.

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